FHH | George Daniels

George Daniels

Personnages célèbres

Autodidacte de génie, George Daniels a marqué le 20e siècle de sa vision de l’horlogerie inspirée par Abraham-Louis Breguet et laissé à la postérité l’invention de l’échappement co-axial.

Autodidacte de génie, George Daniels a marqué le 20e siècle de sa vision de l’horlogerie inspirée par Abraham-Louis Breguet et laissé à la postérité l’invention de l’échappement co-axial. C’est en 1926 que George Daniels voit le jour dans la banlieue de Londres, deuxième enfant d’une fratrie de onze. Autant dire une enfance loin de l’opulence des beaux quartiers qui l’amène à travailler très tôt. Il se fait tour à tour vendeur de bois, ouvrier dans une usine de matelas, électricien, avant d’être enrôlé comme soldat lors du deuxième conflit mondial. En 1949 il suit des cours du soir en horlogerie trois fois par semaine au Collège polytechnique de Northampton. Il en sort comme réparateur de montres qualifié et ouvre sa propre enseigne de réparation de montres. Une activité qui le conduit naturellement vers des pièces de plus en plus rares et précieuses dont la restauration devient une de ses spécialités. La rencontre avec Abraham-Louis Breguet, dont il restaurera de nombreux modèles, tout comme sa passion pour les automobiles de collection, le font entrer dans un univers où l’amour de la mécanique est érigé en dogme. C’est le début d’une aventure qui va inciter George Daniels à produire ses propres pièces, dans une démarche jusqu’au-boutiste voulant que l’ensemble de la montre, habillage compris, soit réalisé par ses soins, dans son atelier. En d’autres termes un processus de quelque 2’500 heures de travail, courant sur plus d’une année, appelé la « méthode Daniels », détaillée dans un livre publié en 1993.

C’est en 1969 qu’il présente ainsi sa première montre, un modèle de poche à tourbillon avec échappement à détente pivotée, déjà un exploit. Au cours de son existence, George Daniels réalisera 27 modèles – sans compter une dizaine de prototypes –, toutes des pièces uniques en montre de poche, parmi lesquelles on relèvera La Grand Complication tourbillon avec calendrier perpétuel, équation du temps, répétition minutes, phases de lune… et la Space Traveller avec son échappement à deux roues. George Daniels s’est fait une place de choix au soleil de la haute horlogerie avec ses montres d’exception, qu’il produit confortablement installé sur l’île de Man depuis 1982. Expert incontournable des créations de Breguet, il saura s’en montrer digne par l’invention de l’échappement co-axial, une petite révolution dans l’univers de la mesure du temps qui battait au rythme de l’échappement à ancre suisse. L’invention de cet échappement à impulsion radiale, qui diminue considérablement les frottements, représentait assurément une réelle percée. Sa présentation au milieu des années 1970 laisse toutefois les horlogers suisses de marbres, Patek Philippe et Rolex compris. En pleine crise du quartz, les Maisons de la branche étaient davantage occupées à leur survie plutôt qu’à introduire de nouvelles « astuces » mécaniques. Nicolas Hayek, patron du Swatch Group, en décidera autrement… quelque vingt ans plus tard.

La suite est connue. ETA, manufacture du Swatch Group, réussit à fiabiliser le mécanisme pour une application à un niveau industriel avant qu’Omega se réserve l’exclusivité du mouvement co-axial devenu sa « marque de fabrique ». Pour George Daniels, c’est une forme de consécration, sans pour autant que ses talents d’horloger soient mis en veilleuse. La rencontre avec Roger Smith, jeune horloger dont il fait la connaissance en 1997 et qu’il prend sous son aile, va lui donner un nouvel élan. Ensemble ils réalisent une série de 50 montres-bracelets Millénium intégrant une ébauche Omega avec échappement co-axial en l’honneur du succès du mécanisme au sein de l’horlogerie suisse. Fort du succès de la série, George Daniels se remet à l’ouvrage en 2010. A 84 ans, il veut concevoir un nouveau calibre pour asseoir définitivement le style anglais, à réaliser dans les ateliers de Roger Smith devenu indépendant. Cette montre Anniversaire Co-Axial avec heures, minutes, petite seconde, quantième et réserve de marche, éditée à 35 exemplaires, est venue couronner la carrière d’un horloger d’exception, couvert de tous les honneurs, qui a mis l’île de Man sur la carte horlogère mondiale.

1950

Ouverture d’une échoppe de réparation de montres puis de restauration de pièces anciennes.

1965

Publication de « Watches ».

1969

Première montre de poche à tourbillon avec échappement à détente pivotée.

1974

Publication de « L’art de Breguet » ; George Daniels devient agent londonien de la Maison Breguet.

1976

Présentation de l’échappement co-axial.

1981

Publication de « Watchmaking », qui sera publié en français sous le nom de « La Montre : Principes et méthodes de fabrication » en 1993

1982

Installation sur l’île de Man.

1996

ETA intègre l’échappement co-axial dans un calibre de série.

1999

Omega adopte l’échappement co-axial pour en équiper progressivement l’ensemble de sa production.

2000

Publication de « All in Good Time : Reflections of a Watchmaker ».

2000

Rétrospective de l’œuvre de George Daniels à Londres par Sotheby’s.

2010

Elevé au rang de Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique.